Fournisseurs d'accès internet

En début de semaine, l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes, l’Arcep, a rendu public une intention particulièrement surprenante. A travers son président Sébastien Soriano, l’Autorité a évoqué son intention de réguler le développement d’Orange, notamment au niveau des réseaux FFTH. L’investissement massif d’Orange dans ce secteur rend cette décision incompréhensible pour le fournisseur d’accès à internet. Après avoir allumé la mèche, l’Arcep a tout récemment tenté de calmer le jeu.

Zones denses et Fibre : enjeu majeur pour les FAI

Les investissements actuels des fournisseurs d’accès internet semblent être principalement focalisés sur des zones dites « denses ». Déjà couvertes par des réseaux de téléphonie et d’accès à internet bénéficiant du Haut Débit, ces zones sont l’objet d’un conflit entre les opérateurs qui y intègrent des technologies plus avancées. Ces derniers temps, Orange s’est ainsi distingué par le développement significatif de son réseau FFTH. Cette démarche s’est notamment traduite par l’investissement massif de l’opérateur dans le raccordement des immeubles pour les doter de la fibre optique.

Néanmoins, cette forte présence d’Orange sur ce marché a été perçue par l’Arcep comme un frein pour les autres opérateurs, qui de fait n’ont pas la possibilité de s’implanter dans les immeubles. Lundi dernier, l’Arcep s’est donc manifestée pour éviter que la situation n’évolue vers un « comportement d’obstruction de la part d’Orange ». Mais face aux vives réactions que cette intervention a suscitée, l’autorité de régulation a tenu à mesurer ses propos. L’Arcep a ainsi tenu à revenir sur cette polémique, en affirmant que le sens de son intervention était simplement de s’assurer du bon déroulement du processus de transition. Le passage de l’ADSL à la Fibre étant onéreux, on évoque un coût global de l’ordre de 20 milliards d’euros. L’Arcep a souligné le fait qu’Orange ne pouvait pas assumer cet aménagement sans l’aide des autres fournisseurs.

En y mettant les formes, Sébastien Soriano a traduit l’importance qui réside dans la collaboration entre les principaux FAI. Si cela permet d’apaiser les tensions, c’est aussi un moyen de faire comprendre à Orange qu’il est important de laisser l’opportunité aux autres fournisseurs d’accès à internet de s’implanter.

Le Plan France THD au cœur du débat

Si l’Arcep met un point d’honneur à protéger et encadrer le développement simultané des différents fournisseurs pour ce qui est du déploiement de la Fibre, c’est notamment pour respecter le Plan France Très Haut Débit. Selon les estimations, ce plan prévoit d’équiper 50% du territoire en Très Haut Débit d’ici 2022. Pour Orange, l’intervention de l’Arcep est donc paradoxale dans la mesure où le leader du marché de la Fibre œuvre dans le sens du Plan France THD. Cet engagement déterminé de l’opérateur est cependant vu d’un mauvais œil par l’Arcep qui craint d’assister à la mise en place d’un nouveau monopole. Orange a effectivement pris une longueur d’avance sur les autres acteurs fournissant l’accès à Internet dans l’Hexagone.

En investissant massivement dans la Fibre, Orange s’est ainsi propulsé au rang de principal acteur de ce secteur. A lui seul, il détient près des trois quarts du marché. Malgré la volonté de l’autorité de régulation d’apaiser les tensions, les dirigeants de l’ancien monopole public reçoivent les déclarations de l’Arcep comme une sanction qu’ils ne s’expliquent pas.

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