La France grande championne d’Europe de la médiocrité de la couverture internet fixe

Publié le 29 septembre 2017 à 16h58

Nesrine M.

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l’UFC-Que choisir a publié une étude qui établit des prévisions alarmantes sur la facture numérique. L’association des consommateurs français prévoit effectivement une augmentation notable de la facture internet. Elle évoque des “phénomènes inquiétants” qui porteraient sur la “qualité de l’internet” et sur des “menaces inflationnistes”. Considéré comme un des pays les plus évolués et les plus influents au monde, la France n’en est pas moins très en retard sur la qualité de service de son offre internet. Cela peut surprendre mais la réalité vécue par les Français confirme cette constatation. En outre, l’étude menée par l’UFC-Que choisir, chiffres à l’appui, est incontestable.

La qualité de l’internet en France est inquiétante

“7,5 millions de français ne peuvent pas accéder à une offre Internet décente”

L’étude de l’UFC-Que choisir dresse un bilan catastrophique de la qualité de l’internet en France. Selon les résultats publiés, en 2017, un demi million de français (0,7%) n’ont tout simplement pas accès à l’internet fixe. Il faut ajouter à cela le nombre impressionnant de 7 millions de consommateurs qui peinent avec une qualité médiocre de l’internet.

Éligibilité des offres internet en France

Un demi million de Français n’ont pas accès à l’internet fixe.

44,8% des français sont couverts en très haut débit contre 70,9% pour la moyenne européenne

Pire encore ! Il semblerait qu’à l’échelle européenne, la France soit un des derniers pays de la classe. Les fournisseurs d’accès à internet français pourraient prendre exemple sur leurs voisins européens. Concernant la qualité de service, la France est en effet à la 26e place sur les 28 pays que compte l’Union Européenne. Ce qui fait du pays des Lumières le 3e pays le plus médiocre d’Europe en la matière, juste derrière la Grèce et l’Italie. Si l’on se réfère au graphique publié par l’UFC-Que choisir, on se rend compte que les chiffres sont effectivement inquiétants. Seuls 44,8% des ménages français sont couverts en très haut débit alors que la moyenne européenne est de 70,9%.

La France propose une piètre qualité de service internet comparé à ses voisins européens

En matière d’accès au très haut débit, tous les français ne sont pas logés à la même enseigne

Les régions les moins peuplées sont lésées par les fournisseurs d’accès à internet

Il est légitime de se demander pourquoi la France, qui est un pays aux fortes avancées technologiques, connait de si piètres résultats. Selon l’étude de l’UFC-Que choisir, cela est dû aux fortes disparités de déploiement de l’internet selon les communes. De fait, les fournisseurs d’accès à internet font le choix d’effectuer des travaux de déploiement de l’internet dans les communes les plus peuplées. Les communes de moindre importance s’en trouvent alors lésées.

L'éligibilité à l'internet en haut débit dépend du nombre d'habitants

Les habitants des communes de plus de 100000 habitants sont 92,4% à être éligibles à des offres très haut débit. Or, dans les communes de moins de 1000 habitants, ils sont seulement 20,6% à être éligibles au très haut débit. Les différences sont flagrantes et elles témoignent d’une tendance qui doit être corrigée au plus vite.

Même parmi les départements les plus peuplés

Les habitants des départements les plus peuplés sont véritablement plus nombreux à profiter du très haut débit. La région Île-de-France est surreprésentée, elle compte 5 de ses départements dans le Top 10, avec évidemment Paris en tête. On trouve également le Rhône et les Bouches-du-Rhône, respectivement aux 3e et 7e places. Cela n’a rien d’étonnant puisque ces deux départements comptent les 2e et 3e villes les plus peuplées de France : Marseille et Lyon.

L'accès au très haut débit est différent selon les départements

Néanmoins, on remarque aussi qu’il y a un écart conséquent au sein même des départements les plus connectés. En haut du classement, Paris compte 98,9% d’éligibilité au très haut débit. Les Bouches-du-Rhône, à la 7e place donc, comprend la deuxième ville la plus peuplée de France à savoir Marseille. Ceci dit, elle compte seulement 50,7% d’éligibilité au très haut débit.

Malgré les piètres performances de la France en matière de qualité de service, la facture numérique va augmenter

La facture ADSL augmentera afin d’atteindre les objectifs fixés par les pouvoirs publics

Le message que tient à faire passer l’UFC-Que choisir, au delà du constat sur la qualité de service de l’internet en France, c’est que les ménages français doivent s’inquiéter de leurs finances. L’association française prévoit en effet une hausse significative de la facture numérique. La nécessité d’améliorer la qualité de service poussera les opérateurs à effectuer des investissements plus importants, plus rapidement. En plus de cela, les opérateurs subissent la pression du gouvernement. Déjà en 2012, François Hollande s’était engagé à apporter la couverture en très haut débit sur tout l’Hexagone en 2022. Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui s’intéresse à ce sujet. Il a en effet exprimé son ambition d’améliorer la qualité de l’internet des français pour 2020.

Le raccordement par fibre optique coûte très cher

Toutefois, si le raccordement par câble garantit une connexion de qualité, c’est aussi très onéreux. L’étude de l’association affirme que les opérateurs ne pourront pas proposer une offre FttH (fibre optique de bout en bout) sur le marché de détail à moins de 40,54 euros et ce, même en jouant avec la marge. Ce représente une hausse de plus de 30 % du coût actuel. De plus, afin de financer les travaux à venir, les pouvoirs publics vont augmenter le coût de la boucle locale cuivre utilisée pour les offres ADSL. Ainsi, les factures des abonnés ADSL vont augmenter sensiblement.

Le gouvernement fixe des objectifs illusoires : 80% de couverture du très haut débit pour 2022

Qui dit travaux accélérés, dit factures gonflées. On constate cependant que les objectifs à atteindre en matière de déploiement du très haut débit semblent trop ambitieux au vu de la conjoncture actuelle. L’UFC-Que choisir ne manque pas de contester ces chiffres. L’étude montre donc que l’objectif de 80% de couverture du territoire en fibre optique ne pourra être atteint qu’en 2035, soit 13 ans plus tard que voulu.

L'objectif affiché est de 80% de couverture en très haut débit d'ici 2022

La croissance annuelle moyenne du nombre de nouveaux logements couverts en FttH au cours des 6 prochaines années devrait être 174 % plus élevée que la croissance annuelle moyenne observée en 2013 et 201630. Autrement dit, il faudrait couvrir 3,78 millions de logements en FttH par an jusqu’en 2022 alors que sur les 4 dernières années ce nombre n’atteignait que 1,38 million par an en moyenne.

On constate donc que préssés par le gouvernement, les opérateurs voient grand. L’étude menée par l’association des consommateurs français démontre que les français vont payer plus, dans le but d’atteindre des objectifs ambitieux. En plus de cela, elle montre clairement que ces objectifs sont inatteignables. Elle urge donc l’Arcep de mener une analyse centrée sur l’évolution des coûts d’accès à l’internet fixe. Elle urge également le gouvernement à centrer ses financements sur les communes les moins connectées en priorité, ce avant le déploiement du très haut débit. Pour rappel, l’opérateur SFR a affiché son ambition de relier la France en fibre à lui tout seul, d’ici 2025.

À voir aussi : quelle est la meilleure offre de fibre optique actuellement ?

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