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La France semble en retard sur la production et l’exploitation de biogaz carburant. Cette filière ne comporte que 704 unités de production en 2020 ; très peu, comparé à l’Allemagne qui faisait déjà 13 fois plus en 2018. Un différentiel énorme, que la startup SUBLIME Energie cherche à combler. Créée en 2019 — suite à la loi PACTE — sous la houlette de l’école Mines ParisTech — PSL (Paris Sciences & Lettres) par des chercheurs issus de cet établissement de pointe, cette société à mission se donne pour défi de développer le biogaz naturel par un procédé unique de son cru, reposant sur la méthanisation. Brevet à l’appui, leur technique ambitionne de « décupler la production de biométhane ». Rien que ça ?

SUBLIME Energie et ses techniques innovantes de méthanisation

Le biogaz naturel est une technologie déjà difficile à exploiter. Outre le fait qu’il s’agit d’un procédé plus onéreux que les énergies fossiles souvent faciles d’accès, ses principales limites résident surtout dans leur transport. Une énergie gazière est en effet bien plus aisée à valoriser sous forme liquide. Une bonne partie de l’enjeu est donc de traiter ces gaz afin de les rendre transportables ; puisqu’ils prendront bien moins de place sous cette forme.

Or, SUBLIME Energie tente de révolutionner ces pratiques. Leur mot d’ordre affiché en tête de leur site internet étant de « mettre les énergies fossiles au musée », la structure d’innovation a pour but de développer une technique de liquéfaction du biogaz qui puisse empêcher une solidification de la neige carbonique émise. Par le biais de systèmes de cryogénie censés équiper les unités de production, il s’agira alors d'empêcher la neige carbonique en question de se former, stabilisant ainsi la forme liquide — la plus pratique pour cette modalité énergétique.

Biogaz naturel site SUBLIME Energie

SUBLIME Energie met en avant la facilité avec laquelle le biogaz est transportable avec son procédé.

Le but affiché de SUBLIME Energie est surtout de pouvoir créer un système court de partage du biogaz. Le raffinement de celui-ci pourrait alors, dans leur acception, se faire au plus près des centrales de distribution ; c’est-à-dire, dans des stations services publiques ou privées. Le biométhane produit est surtout censé s’utiliser pour du carburant de véhicule, sous-exploité dans le domaine des gaz verts selon la startup.

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Exploitation du biogaz en coopération avec le monde socio-économique

Bien entendu, les matières organiques nécessaires à la production de biogaz ne sortent pas de nulle part. Cette technologie utilise des déchets organiques provenant principalement d’exploitations agricoles, outre les stations d’épuration, également dans le collimateur de la startup. C’est en ce sens que la filière de la transformation énergétique doit se faire en totale concertation avec ces exploitants, afin de leur permettre de se multiplier. Une gageure d’autant plus difficile que ce genre d’infrastructures peine à être rentable pour les agriculteurs.

Biogaz naturel SUBLIME Energie agglomération Guingamp Paimpol

SUBLIME Energie expérimente déjà son système de production et de distribution de biogaz naturel à Guingamp-Paimpol.

Pour autant, le défi de taille qui s’ouvre à SUBLIME Energie n’est pas près d’arrêter ces aventureux. Le développement de leur filière est pensé sur le long terme, dans le cadre de la transition énergétique ; et l’expérimentation de leur modèle de production de biogaz est en cours, avec un partenariat déjà conclu avec la communauté d’agglomération de Guingamp-Paimpol, dans les Côtes-d’Armor (Bretagne).

SUBLIME Energie vise surtout à multiplier les circuits courts et les systèmes de mutualisation du biogaz ; aussi bien du côté de la production que de sa méthanisation, du raffinement ou encore de la distribution. L’avenir s’annonce vert pour le gaz naturel, avec une publicisation du brevet à l’horizon 2021, et une présentation publique des premières citernes de cryogénie en 2022.

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  • Serge Rochain

    Ce n'est pour faire rouler des voitures qu'il faut le faire.... C'est pour brûler dans des centrales à gaz pour palier les défauts de production des ENR variables lorsque les conditions météo sont défavorables... Eurêka
    Répondre

    le 20 octobre 2020 à 21h04