L'essentiel à savoir sur l'AIE

L’Agence internationale de l’énergie est fondée en 1974, suite au choc pétrolier de 1973, pour assurer une veille du secteur énergétique. D’abord principalement orientée vers le pétrole, ses missions ont évolué avec l’agrandissement du marché et les nouvelles technologies disponibles.

L’AIE a pour missions les 3E :

La sécurité énergétique.

Le développement économique.

La protection environnementale.

L’AIE, ou Agence Internationale de l’Énergie est un organisme intergouvernemental dont le but premier est de veiller à la sécurité du secteur énergétique. Cela se fait notamment en participant à la bonne cohésion et communication entre les différents acteurs du domaine. Aujourd’hui, l’Agence internationale de l’énergie se pose comme une référence dans le domaine, abondant le discours de recherches et données permettant d’envisager scientifiquement l’avenir des énergies.

D’abord principalement orientée vers l’énergie du pétrole, l’organisation couvre aujourd’hui toutes les ressources énergétiques. D’autres agences, plus pointues, viennent compléter son travail, notamment dans l’atomique et le renouvelable. Le travail de l’AIE, comme ses projections de développement des énergies, guide fréquemment les réflexions de lois énergétiques au niveau européen.

L’Agence Internationale de l’Énergie : organisation intergouvernementale et influente

De nos jours, l’Agence Internationale de l’Énergie a un rôle essentiel dans le secteur énergétique. Ses missions sont diverses, correspondant notamment au contexte de sa création. Il paraît indispensable de revenir sur ce dernier, afin d’aborder sereinement la position de l’AIE aujourd’hui. Par ailleurs, qui compose aujourd’hui l’Agence International de l’Énergie, et quelles sont les missions de cette dernière ?

Rôle et fonctions de l'Agence Internationale de l'Énergie, ou AIE.

L’Agence Internationale de l’Énergie, ou AIE : rôle et missions.

Création et rôle : quelle position a l’Agence Internationale de l’Énergie ?

L’Agence internationale de l’énergie est la première réponse de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) au choc pétrolier secouant le monde dans les années 1970. Fondée en 1974, l’Agence cherche avant tout à s’assurer que pareille crise ne se répétera pas, en gardant un œil sur les approvisionnements énergétiques mondiaux.

Ses missions évoluent avec le temps, s’engageant notamment pour le climat. De même, alors que davantage d’acteurs prennent d’importance dans le secteur énergétique, les membres de l’organisation ont grandi en nombre. L’AIE se résume brièvement ainsi :

elle a pour premier rôle de veiller à la sécurité énergétique ;

elle s’engage également avec son temps par une réflexion environnementale et économique ;

les États membres de l’AIE : 16 à sa création, sont aujourd’hui au nombre de 30 ;

son organisation, autonome de l’OCDE, a évolué depuis 2015 avec l’introduction d’États associés.

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Objectifs de l’Agence Internationale de l’Énergie : les fameux 3E à respecter

Les missions de l’AIE sont multiples, et cherchent avant tout à produire une politique énergétique efficace. Pour cela, elles répondent toutes à un même objectif, les “3E” : énergie, économie, environnement. L’attention est ainsi portée vers la sécurité énergétique, le développement économique et la protection environnementale.

Ces objectifs se concrétisent par :

la surveillance des stocks énergétiques mondiaux ainsi que la promotion des sources d’énergie, tant en terme de fiabilité que d’efficacité ;

une élimination progressive de la pauvreté énergétique en favorisant les libéralisation des marchés ;

la promotion et une étude des procédures et solutions renouvelables guidant vers un environnement plus propre ;

une collaboration renforcée entre États membres et États associés pour définir des missions et des solutions énergétiques à plus grande échelle.

États membres et pays associés de l’AIE : évolution de la démographie énergétique

À sa création, le 1974, l’horizon énergétique mondial était bien différent du panorama actuel. De nombreux nouveaux acteurs ont investi le secteur, notamment sur le plan pétrolier, avec l’entrée des pays du Moyen-Orient. À la fin des années 90, jusqu’en 2007, l’Arabie Saoudite prend ainsi la première place comme producteur de pétrole dans le monde, une place qu’elle récupère à la Russie en 2011.

Ces nouveaux acteurs interviennent alors que l’AIE se tourne également vers des sources d’énergie plus diverses. Les membres fondateurs de l’Agence, au nombre de 16 en 1974, sont alors forcément amenés à évoluer.

Deux statuts sont aujourd’hui proposés :

les États membres : ils sont au nombre de 30, et doivent répondre à un certain nombre de conditions, tel qu’être membre de l’OCDE ou posséder a minima un accès gouvernemental direct à un stock énergétique représentant au moins 90 jours d’import brut, pour couvrir toute crise de demande pétrolière ;

les pays associés : ce statut, créé en 2015, est accordé à 8 pays et permet notamment d’étendre la portée internationale de l’Agence en introduisant, par exemple, dès 2017, l’Inde dans les échanges.

La liste des États membres inclut la majorité de l’Europe, ainsi que les États-Unis, le Japon, la Nouvelle-Zélande ou encore la Turquie. L’entrée de ces pays dans l’AIE s’est faite progressivement ; la France, par exemple, ne rejoint l’agence qu’en 1992. Les 8 pays associés, à ce jour, sont l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Maroc, Singapour et la Thaïlande.

Ils garantissent une ouverture mondiale, notamment sur les pays en voie de développement. Pour rejoindre l’Agence Internationale de l’Énergie, le directeur exécutif de l’agence doit pouvoir déterminer du potentiel réel des pays à répondre aux critères d’entrée. Parmi les pays en demande actuellement, il y a le Chili et la Lituanie.

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Les plans d’actions de l’Agence internationale de l’énergie

L’agence se pose comme une référence certaine dans le secteur énergétique, plus particulièrement dans le domaine pétrolier. Cela, parce que sa pluralité d’actions l’engage sur plusieurs horizons, qui font de l’agence un profil de référence complet. Alliant recherche, veille sécuritaire, et analyse de données, l’AIE propose ainsi un pack complet aux pays membres et associés. Le domaine énergétique peut ainsi se laisser guider, ou du moins se voir enrichi, par les connaissances et les capacités de l’organisation intergouvernementale.

Quel est le poids de l’AIE sur les stocks stratégiques de pétrole ?

C’est une des principales raisons pour lesquelles l’AIE a été créée. Suite au choc pétrolier de 1973, il paraît urgent de pouvoir mieux gérer les stocks énergétiques dont disposent les gouvernements. L’AIE veille alors au bon fonctionnement des réserves de ressources pétrolières des États membres. De nombreuses conditions liées au bon maintien et à la sécurité de ses stocks énergétiques font d’ailleurs partie des conditions pour accéder au statut de pays membres de l’organisation.

Pétrole : une compétence de l'Agence Internationale de l'Énergie.

L’Agence Internationale de l’Énergie est également compétente dans la gestion du pétrole.

Un pays doit en effet pouvoir attester posséder un accès gouvernemental direct à une réserve de pétrole ou de ressources énergétiques qui couvre a minima l’équivalent de 90 jours d’importation brute de l’année écoulée — cette réserve doit pouvoir être utilisée pour compenser toute crise pétrolière globale.

Un programme demandant une baisse de 10% de la consommation nationale de pétrole est mis en place, pour gérer au mieux notamment la baisse de quantité de pétrole disponible mondialement.

Des législations ou mesures efficaces permettant au pays membre de prendre part à des actions globales de l’AIE, par exemple en augmentant la production ou en diminuant la demande, selon les crises mondiales pouvant affecter le secteur.

Le poids de l’AIE sur les stocks énergétiques de pétrole va plus loin, car c’est l’agence qui décide de la manière dont seront injectés et répartis ces derniers sur le marché. Elle peut ainsi définir la quantité de pétrole distribuée pour chaque pays membre, tout comme elle peut influencer les prix du brut pétrolier.

L’AIE, la référence pour une expertise en données énergétiques

L’Agence internationale de l’énergie est particulièrement importante pour le secteur énergétique pour les rapports annuels spécifiques qu’elle publie. L’organisation prête en effet une large partie de ses moyens à la recherche et à l’analyse des données du secteur. Grâce aux études qu’elle réalise, l’agence publie entre autre chaque année des rapports annuels qui établissent des projections. Ces derniers, nommés les World Energy Outlook, font le point sur la situation actuelle du secteur énergétique. Ils établissent également plusieurs plans d’avenir du secteur, selon plusieurs paramètres spécifiques.

Le World Energy Outlook 2020 fait par exemple le point sur la situation énergétique mondiale à l’heure du COVID-19. Le secteur des énergies, dont la demande a énormément chuté au cours de l’année 2020, subit également une baisse d’investissement. Tous ces facteurs, auxquels s’ajoutent la date floue de reprise ‘normale’ des activités énergétiques, mènent l’AIE à établir jusqu’à 5 plans d’avenir. Grâce à ses analyses et ses données, les gouvernements des pays membres, comme ceux du reste du globe, peuvent baliser leurs projets énergétiques pour les prochaines années.

L’AIE publie également un rapport, le Oil Market Report, établissant un compte rendu mensuel du marché du pétrole, ainsi qu’un condensé annuel des données statistiques clés dans son rapport Key World Energy Statistics. L’AIE participe ainsi plus encore à l’aide au développement économique et à la transition durable qu’elle porte comme missions principales.

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Quels sont les différents programmes énergétiques de l’Agence internationale de l’énergie ?

Les activités de l’AIE n’en restent pas qu’à l’analyse de données ou une veille sécuritaire. L’organisation participe régulièrement à renforcer la recherche et le développement de programmes énergétiques. L’objectif derrière cela est de promouvoir le développement durable ou d’encourager à une utilisation efficace et résiliente du pétrole et autres énergies fossiles.

Parmi les programmes qu’elle soutient, on peut retrouver :

l’IEA Bioénergie, mise en place en 1978, participe à la communication et la coopération internationale des pays disposant de programmes de recherche sur la bioénergie : ils développent ainsi des missions bioénergétiques auxquelles les pays membres participent financièrement et scientifiquement ;

le PVPS (Photovoltaic Power Systems Programme), un programme de recherche et développement lancé en 1993 sur lequel 28 des pays membres collaborent afin de développer la conversion du photovoltaïque en énergie solaire ;

le programme ECES (Energy Conservation through Energy Storage), soit de la R&D sur le stockage des énergies, particulièrement axé sur la conservation des énergies thermiques.

L’AIE et les énergies renouvelables : un manque d’honnêteté ?

L’agence internationale de l’énergie n’a pas immédiatement porté autant d’intérêt aux énergies renouvelables qu’elle n’en a porté, par exemple, aux énergies fossiles. Leur désintérêt est parfois même allé jusqu’au parti pris pour les sources pétrolières. De nombreux organismes externes l’ont ainsi décrié. À quel point, alors, les rapports de l’AIE sont-ils transparents et honnêtes quant aux énergies renouvelables ? S’orienter vers l’IRENA, l’agence spécialisée dans le renouvelable, peut aider à compléter le savoir de l’AIE sur cette question.

Un parti-pris de l’AIE dénoncé par le chien de garde de l’énergie

La totale impartialité de l’agence internationale de l’énergie n’est malheureusement pas garantie. Au vu des acteurs énergétiques majeurs dans l’agence, il est même apparu à quelques reprises que l’AIE souffrirait d’une opinion biaisée pour le pétrole et les énergies fossiles.

La fragilisation de la fiabilité de l’AIE date de 2009, suite à un article à charge de The Guardian, un média britannique. Avec le témoignage anonyme de hauts fonctionnaires de l’agence, le média signale l’incohérence de l’AIE. Le Guardian se base aussi sur des études suédoises du World Energy Outlook de 2008. Il relève notamment que l’agence plierait face à des pressions américaines. Leur objectif ? Ne pas dévoiler toute la vérité sur la situation réelle du secteur pétrolier.

Selon les témoignages, l’AIE cacherait volontairement que le monde serait déjà en plein cœur du pic pétrolier. Elle minimiserait les risques que cela incombe alors. Ainsi, selon les études, les projections établies par l’AIE en 2008 pour le cours du pétrole seraient en effet irréalisables. L’agence finit par déclarer en 2010 que le pic a été atteint en 2006. Cependant, avec l’expansion importante du gaz de schiste aux Etats-Unis dans les années 2010, le pic s’est vu décaler vers 2025.

Conseils de MaPetiteEnergie

Il est donc primordial de prendre avec du recul les informations données par l’AIE. L’ONG anti-corruption Global Witness ou encore Energy Watch Group, des spécialistes agissant comme chien de garde de l’énergie, sont unanimes. De nombreuses associations environnementales rejoignent la critique. Selon eux, l’AIE sous-estime les possibilités qu’apportent les énergies renouvelables. Ce faisant, elle survend le secteur pétrolier, en donnant des statistiques faussées et trop optimistes. La dernière décennie a toutefois réajusté leur subjectivité, du fait des critiques.

L’agence spécialisée dans les énergies renouvelables, l’IRENA : plus intègre que l’AIE ?

Les énergies renouvelables prenant de plus en plus d’importance dans le secteur énergétique, il devient primordial d’avoir un organisme approprié. Se crée alors, en 2009, l’IRENA. Cette agence profite d’une portée internationale bien plus complète que l’AIE. Elle pourrait ainsi prendre le dessus dans les années à venir. Tout comme l’AIE, l’IRENA est financée grâce aux contributions de ses membres. En 2020-2021, son budget est estimé à 33 millions de dollars.

Agence Internationale de l'Énergie : IRENA, une alternative écoresponsable.

IRENA, une agence alternative à l’AIE, dédiée aux énergies renouvelables.

L’IRENA a pour objectif de promouvoir l’ensemble des énergies renouvelables : solaire, thermique, éolienne, géothermique, marine, hydroélectrique, bioénergétique.

160 pays ainsi que l’Union Européenne ont rejoint les membres de l’IRENA, soit plus de cinq fois la représentation de l’AIE.

Les missions principales incluent la communication vers le public et les gouvernements, la recherche et le développement, la coopération avec les autres agences énergétiques.

L’IRENA ne dépend donc pas de l’AIE mais vient compléter le marché des références quant au domaine énergétique.

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