Smartphones

Toutes entreprises confondues, c’est, au total 1600 milliards de dollars qui seraient détenus sur des comptes à l’étranger, dans des paradis fiscaux, ou ce que les anglophones nomment ‘Tax Havens”.Apple détient 12,5% de la somme totale avec 200 milliards de dollars sur des comptes offshore. Mais ce n’est pas le seul géant de l’informatique à profiter de la chose. Microsoft est en troisième position du classement des entreprises américaines qui profitent des plus grosses optimisations fiscales. Cette place est gagnée avec pas moins de 124 milliards de dollars à l'étranger. Entre les deux géants de l’informatique, c’est une entreprise pharmaceutique, les Laboratoires Pfizer, qui apparaît avec 193,6 milliards de dollars à l’étranger. Ces trois entreprises cumulent donc 32,35% des 1600 milliards détenus par 50 entreprises sur des comptes offshores.

Comment Apple a pu profiter d’une telle optimisation fiscale

Tout simplement parce que l’action n’a, en elle-même, rien d’illégal. On peut certes reprocher à la firme à la pomme l’illégitimité de cette procédure. Mais cela s’arrête bel et bien là. Pour parvenir à accumuler de l’argent sur les comptes offshore, l’entreprise s’est simplement contentée d’ouvrir des filiales dans les pays qui permettent une telle optimisation et qui ne taxent pas les entreprises de la même façon que peuvent le faire les États-Unis ou d’autres pays. Apple, comme de nombreuses autres entreprises, a donc pu profiter de systèmes de taxation avantageux dans divers pays.

Par ailleurs, il ne faut pas s’étonner de la somme accumulée sur les comptes offshores. Apple est l’une des plus grosses entreprises mondiales qui génère le plus de profit. Naturellement, l’entreprise veut protéger une partie de ces profits en évitant des taxations. Cependant, il peut être bon de regarder d’un peu plus près pourquoi et comment Apple a pu réussir une telle optimisation.

Apple indignation

Un mouvement d'indignation demande à la firme de payer ce qu'elle devrait.

Apple : le constructeur de smartphone le plus rentable qui soit

Ce n’est pas un secret, Apple est le constructeur d’appareil mobile le plus rentable. La firme, en ne vendant que 20% des appareils en circulation, rafle près de 90% des bénéfices sur ce marché. Un écart statistique très impressionnant, mais qui s’explique très facilement : des marges qui sont tout aussi impressionnantes. Par exemple, à son époque, l’iPhone 6 coûtait 200 euros à produire environ, pour un prix de vente allant de 709 à 919 euros. La marge oscille donc ici entre 254,5% et 459,5%.

Mais là non plus, ce n’est pas un secret, la firme de Cupertino a toujours été connue pour sa stratégie de vente à très haut prix. Apple ne vend que du haut de gamme à très haut prix, et du moyen de gamme à haut prix. C’est avec cette stratégie économique qui a fait ses preuves que la firme a pu accumuler ses 200 milliards de dollars sur des comptes offshores. Mais il ne faut pas se contenter de jeter la pierre à la face de la pomme croquée. Les marges ne servent pas qu’à rentabiliser un objet par rapport à son coût de production. Il faut aussi prendre en compte le travail de recherche et de développement réalisé en amont, ainsi que le coût de la campagne marketing. Et les actionnaires à payer.

Pourquoi les produits Apple se vendent-ils si bien ?

Pour réaliser ces scores financiers impressionnants qui ont permis à la firme de stocker 200 milliards sur des comptes offshores, il faut réussir à vendre. Mais malgré des prix élevés et des marges massives qui pourraient faire mauvaise publicité, le succès reste le même. L’explication est double, mais reste relativement simple : de bonnes campagnes marketing et des appareils de qualité.

Que l’on soit pro-Apple ou anti-Apple, il est difficile de nier les qualités des appareils vendus avec le logo de la pomme sur leur dos. La firme a gagné une véritable image de marque avec le temps. D’une part, elle propose du matériel informatique plébiscité à bien des niveaux, et d’autre part, elle a révolutionné le monde de la téléphonie mobile avec le premier iPhone. Ainsi, si vous allez au cinéma, vous verrez à l’écran bien plus de Mac que de PC. De même dans les grandes écoles et les universités qui favorisent l’usage de ces machines. Aujourd’hui, le succès d’Apple repose principalement sur le fait que ses produits sont associés à la qualité et au professionnalisme. Avoir un iPhone, c’est comme entrer dans une sphère supérieure du monde. C’est se donner une image de soi, et donner une image de soi aux autres.

Apple iPhone 7

La présentation de l'iPhone 7, le dernier modèle en date de la firme.

L’iPhone 7 : le dernier-né d’Apple

L’iPhone 8 est en plein développement, mais de son côté, l’iPhone 7 est déjà une réussite. Dans les premiers temps, l’appareil a fait débat à cause de l’absence de prise jack. Cette dernière a été remplacée par un port Lightning. Ce dernier est bien plus petit que son prédécesseur. De plus, comme il prend moins de place, il permet de mieux agencer les composants à l’intérieur du smartphone, et facilite la tâche pour rendre le tout étanche. L’inconvénient,  c’est que ce port implique l’achat d’écouteurs spécifiques à Apple.

Ce fut peut-être la seule véritable révolution technique de ce dernier iPhone, disponible dès 39,99 euros chez certains opérateurs, le reste étant majoritairement des améliorations des composants déjà en place. L’écran reste le même que celui de l’iPhone 6 en terme de définition. L’appareil photo a connu une nette amélioration pour devenir réellement intéressant. Enfin le processeur Fusion a su rivaliser avec la production du géant Qualcomm, créateur du fameux Snapdragon 835 qui alimente le nouveau Galaxy S8 de Samsung.

Une optimisation qui ne date pas d'hier

Pour en revenir sur le problème de l'optimisation fiscale, rappelons une chose. Le 23 octobre 2014, le journal L'Humanité publiait un article mettant en lumière que la compagnie ne payait que 2% des impôts qu'elle devait en théorie, et cela grâce à l'optimisation fiscale. Le problème n'est pas neuf, bien loin de là. A la même date, le journal révélait qu'Apple avait déjà 150 milliards de dollars sur divers comptes offshores. Officiellement.

Tim Cook affirme que l'entreprise reste dans la légalité, et que ces comptes ne comptabilisent que les profits réalisés dans certains pays étrangers. Le fait que sur ce point, il n'a pas tort. L'optimisation fiscale d'Apple est parfaitement légale…

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Forfait B&YOU

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