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Avec le Face ID, Apple intègre pour la première fois la reconnaissance faciale dans ses iPhone. De quoi soulever de nombreuses questions tant chez les habitués d'Apple que chez certains politiciens.

Présenté le mardi 12 septembre à la keynote de rentrée d'Apple, l'iPhone X ne sera disponible qu'à partir du 3 novembre. Pourtant, il a déjà fait couler beaucoup d'encre. Parmi ses nombreuses innovations, il y en a une qui intrigue particulièrement les utilisateurs : le Face ID. Le système de reconnaissance faciale ultra perfectionné d'Apple pose en effet de nombreuses questions de sécurité et de protection des données. Le sujet est d'ailleurs si sensible que le sénateur américain Al Franken, membre de la commission de la vie privée et des technologies, a adressé un courrier officiel à Apple. La marque à la pomme, qui avait jusqu'au 13 octobre pour répondre, a préféré s'adresser directement à la presse pour atteindre le plus grand nombre.

Un système vraiment fiable ?

Il y a quelques semaines, une vidéo montrait les failles de la reconnaissance faciale du Samsung Galaxy Note 8. On y voyait en effet l'auteur déverrouiller le smartphone en lui montrant une simple photo de son propriétaire. Forcément, ce genre de révélation remet en cause l'efficacité de ce nouveau système de sécurisation de nos smartphones. Apple répond ainsi en expliquant que le Face ID ne se souvient pas d'un visage statique en 2D, mais bien d'un visage cartographié en relief.

Face ID enregistre le visage de l'utilisateurs en 3D

Face ID enregistre le visage de l'utilisateur sous tous les angles.

À l'opposée, se pose la question d'une trop grande précision du système. Plus que de voir leur smartphone berné, les utilisateurs ont peur de ne pas être reconnus par leur appareil. Est-ce que des lunettes, du maquillage, une barbe ou une prise de poids pourraient empêcher l'iPhone X de reconnaître son propriétaire ? Apple se veut rassurant. Dès la keynote, la marque expliquait que Face ID était un logiciel assez intelligent pour apprendre à connaître un visage et enregistrer ses évolutions. Un programme d'intelligence artificielle intégré permet d'enregistrer et d'analyser ces changements.

Difficile de répondre objectivement à ces questions avant d'avoir pu tester l'appareil. De même, on ne sait pas si le Face ID sera en mesure de reconnaître les personnes noires et métisses, problème connu des systèmes de reconnaissance faciale. Cela s'explique par le fait que la plupart des images utilisées pour développer les algorithmes sont celles de visages blancs… Si Apple précise que plus d'un milliard d'images ont été utilisées pour développer Face ID, on ne sait pas comment elles ont été sélectionnées.

Quelles solutions en cas de problème ?

Vous n'avez peut-être pas entendu parler de ce passage un peu gênant de la keynote. En pleine démonstration de l'efficacité de Face ID, le vice-président de l'ingénierie logicielle d'Apple s'est retrouvé confronté à un bug… L'iPhone X qu'il avait en main lui demandait alors de taper un code. L'épisode prête à rire, mais peut nous apprendre un fait rassurant : il y aura toujours besoin d'un code, qui pourra venir à la rescousse des utilisateurs en cas de bug.

Face ID peut être désactivé en cas de problème

Face ID a connu un bug pendant sa présentation lors de la keynote de rentrée d'Apple.

Outre la question du bug, les utilisateurs se demandent si le Face ID ne faciliterait pas la tache des voleurs. Il était certes déjà possible de forcer quelqu'un à déverrouiller son iPhone avec le Touch ID. Avec le Face ID, la tâche paraît encore plus simple. Pour rassurer les futurs acheteurs, Apple a ainsi annoncé avoir prévu une solution permettant de bloquer rapidement Face ID, en pressant simultanément un des boutons volume et le bouton de verrouillage pendant quelques secondes. Cela désactivera le Face ID, et ne rendra le téléphone accessible qu'avec un code de déverrouillage.

De même, Face ID se désactivera automatiquement s'il n'a pas été utilisé pendant plus de 48h ou si 5 tentatives de déverrouillage ont échoué. Bref, le système devrait être au moins tout aussi sécurisé que le Touch ID. Rappelons que ce dernier n'était pas désactivable aussi aisément.

Nos données sont-elles sécurisées ?

Nous le savons, nos téléphones nous espionnent en permanence. Ils stockent de nombreuses données d'utilisation, comme par exemple, lorsque nous nous servons de la localisation sur nos smartphones. Avec les lecteurs d'empreintes digitales et les systèmes de reconnaissance facile se pose alors la question du stockage des données biométriques. Ce qui peut amener à de nombreux questionnements éthiques au sujet des données personnelles.

Apple règle la question en stockant ses données biométriques uniquement sur l'iPhone en question. Autrement dit, les empreintes digitales et cartographies faciales enregistrées depuis Touch et Face ID son stockées dans la mémoire interne de l'iPhone. Elles ne font en aucun cas l'objet d'une collecte ou d'un envoi vers le cloud. Apple ne possède donc aucune base globale de ces données. Il ne peut donc les revendre à qui que ce soit.

Même l'iPhone lui-même n'a pas accès à ses données. Si on se base sur le système utilisé par Touch ID, elles sont stockées dans une enclave sécurisée de la mémoire de l'appareil. Lorsque l'utilisateur se sert de Touch ID, l'iPhone calcule une carte schématique de l'empreinte et l'envoie à cette enclave sécurisée. Elle se contente alors de dire si elle la reconnaît ou non. Si cette enclave sécurisée n'est pas totalement inviolable, elle n'a encore jamais été forcée à ce jour.

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