Téléphonie Mobile

Voilà une mesure qui pourrait bouleverser l'équilibre dans la guerre menée par les autorités contre le piratage. Celui-ci, devenu intempestif à l'encontre des smartphones, se heurtera désormais aux investigations poussées des opérateurs. Ceux-ci sont désormais habilités à enquêter sur les différentes menaces rencontrées sur les serveurs. Cette nouvelle réglementation pourrait bénéficier aux utilisateurs, rencontrant depuis quelques mois de nombreux soucis liés au piratage. Grâce à cette collaboration nouvelle entre opérateurs télécoms et autorités, les pirates devront se munir de davantage de précautions. Suffisamment pour les dissuader de perpétrer leurs habituels forfaits ? Seul le temps pourra l'affirmer avec certitude toutefois.

Une entente nouvelle entre opérateurs et autorités pour contrer le piratage

Désormais, les opérateurs télécoms vont pouvoir mener des investigations poussées sur les différentes menaces rencontrées par les terminaux de leurs abonnés. Qu'il s'agisse d'ordinateur ou de smartphone, le piratage n'a jamais été aussi prégnant qu'aujourd'hui. La nécessité de nouvelles réglementations était importante pour traquer au mieux les hackers de tout bord. Ce n'est toutefois pas la première fois que les autorités esquissent un tel souhait de collaboration par les autorités. Autrefois, les fournisseurs d'accès avaient été contactés pour révéler les IP des personnes suspectées de téléchargement illégal. Afin de protéger leurs abonnés, nombre de ses sociétés s'étaient opposées à ce type de collaboration, Free en première ligne. Ce refus de collaborer avait notamment marqué l'un des premiers échecs du programme HADOPI. La Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet n'a ainsi jamais pu mener à bien son agenda.

Hadopi, première tentative de rassemblement avant le motif du piratage.

Hadopi avait déjà essayé de rassembler autorités et opérateurs dans un objectif commun. En vain.

Ici, toutefois, il s'agit de travailler main dans la main tant pour protéger les utilisateurs que pour rasséréner les prochains clients. C'est une visée non plus punitive, mais protectrice. Un argument que les pairs de Free, SFR ou Orange semblent bien plus aptes à entendre. Quand bien même la protection ne pourra s'effectuer qu'a posteriori, il s'agit d'un moyen dissuasif à plus d'un titre. À moins de protéger leurs arrières par des précautions connues par eux seuls, les pirates s'en prenant à des terminaux connectés laisseront inévitablement une trace de leur passage. Cette collaboration devrait autoriser la traçabilité de ce signal, afin de remonter jusqu'aux malfaiteurs. Grâce à cela, il y a fort à parier que le paysage informatique soit un peu plus apaisé que ces derniers mois. La collaboration n'en est qu'à ses premières esquisses. Elle devra être totale pour remporter un combat complexe contre le piratage.

Des mesures concrètes qui pourraient déboucher sur une canalisation du piratage

Louis Gautier, du Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale – SGDSN – est la source ayant révélé cette collaboration. Selon lui, il ne s'agit pas d'une mesure obligatoire toutefois. Les opérateurs peuvent collaborer avec les autorités. Aucun texte de loi ne fixe cependant l'obligation d'une telle collaboration. Cependant, il va dans le sens des intérêts des opérateurs et fournisseurs d'accès à Internet que de proposer ce service. “Si je dois choisir un abonnement entre quelqu'un qui me propose une solution de sécurité et quelqu'un qui n'en propose pas, je serai conduit à aller vers celui qui la propose“, ajoute ainsi Louis Gautier. Cette collaboration remet néanmoins en cause une certaine conception libertaire liée à Internet. Cependant, entre protéger et être démuni d'options, les autorités ont tranché. Le caractère dispensable d'une telle opération pour les opérateurs pourrait prendre une forme plus concrète.

Le piratage a rencontré un nouvel adversaire de poids.

Cette nouvelle coalition entre autorités et opérateurs devrait permettre de lutter efficacement contre le piratage.

Les abonnés pourraient ainsi, d'eux-mêmes, décider si oui ou non ils choisissent de bénéficier des services d'une telle collaboration. Concrètement, les opérateurs pourront se voir remettre par l'Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information – ANSSI – des signatures ou des marquages révélant des attaques spécifiques. Grâce à ces données, les opérateurs pourront ainsi procéder à une revue des connexions externes et internes à leurs réseaux. Afin de rassurer les utilisateurs, autorités comme opérateurs ne pourront conserver les données étudiées. Un périmètre d'action précis devra de plus limiter la mesure en question. Le conseil des ministre s'est vu présenter La Revue stratégique. Lors de son exposé, l'ANSSI a mentionné l'Arcep comme responsable du contrôle de l'application de cette collaboration nouvelle. Avec cet organisme indépendant, les opérateurs comme les autorités ne pourront s'autoriser aucun écart.

Les smartphones désormais cibles privilégiées du piratage informatique

Comme mentionné plus tôt, le piratage est désormais partie intégrante de l'univers des smartphones. Ces dernières années, ces terminaux ont pris le pas sur les ordinateurs concernant l'orientation des menaces. Les utilisateurs mobiles sont plus confiants sur la protection de leurs données, à tort. Les pirates peuvent aisément détourner de nombreuses connexions Wi-Fi publiques. La confidentialité des données est à tout moment en danger. C'est l'un des grands périls rencontrés par l'industrie téléphonique aujourd'hui. Nokia, Google, Kasperski : les plus grandes sociétés ont déjà tiré l'alarme sur ce danger.

Les hackets s'en prennent aux connexions wifi.

Les hackers peuvent tout à fait détourner une connexion Wi-Fi pour accéder aux données des appareils y étant liés.

La fin d'année 2017 comme le début 2018 a vu de nombreuses menaces révélées par des laboratoires de cyberdéfense. Parmi celles-ci, les failles concernant les appareils signés Apple, ou Skygofree, ont défrayé la chronique. Il s'agit donc de trouver rapidement des solutions afin de protéger de manière efficace les utilisateurs de smartphones. Cette collaboration entre opérateurs et les autorités compétentes, sans mettre un terme au piratage, devrait poser un frein aux exactions des hackers. Il s'agit en tout cas d'une mesure à saluer. Pour peu, bien entendu, que le grand public n'apprenne pas plus tard l'existence d'abus à cause de ce programme.

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Forfait SFR

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