Téléphonie Mobile

En ce début de semaine, le détournement du trafic SFR et Bouygues Telecom par la Chine fait les gros titres. Quasiment passé inaperçu, ce dysfonctionnement est mis en lumière par un rapport d’Oracle, un site spécialement dédié aux performances Internet. Ce dernier fait notamment mention d'un important volume de trafic français passé tout d’abord par le réseau du fournisseur d’accès à Internet China Telecom avant d’arriver en France. Au total, ce détournement de données a duré plus de deux heures. Dans  l’Hexagone, les deux fournisseurs d'accès concernés sont SFR et Bouygues Telecom. Dans le reste de l'Europe, cet incident concerne également d'autres opérateurs. De plus, bien que certains évoquent une panne habituelle, d’autres laissent entendre qu’il pourrait s’agir en réalité d’un acte volontaire.

Le trafic des fournisseurs d’accès à Internet SFR et Bouygues Telecom en transit par China Telecom

Le 6 juin 2019, les experts d’Oracle révèlent un incident sur le protocole d’échange de route externe. Dans les faits, il semble qu’un hébergeur suisse, Safe Host, ait ouvert 70 000 routes BGP, par erreur, à l’opérateur China Telecom. Cela a par conséquent entraîné un transit des données par la Chine. Dans la liste des fournisseurs concernés, on trouve deux grands noms de la téléphonie française : SFR et Bouygues Telecom. Hors des frontières de la France, d’autres opérateurs se trouvent également confrontés à ce problème, tels que Swisscom (Suisse) et KPN (Pays-Bas).

Transit des données par China Telecom avant d'arriver sur le sol français

Avant d'arriver en France, les données de SFR et Bouygues Telecom sont passées par le réseau de China Telecom.

Dans les faits, ce détournement de données a provoqué un ralentissement de la connexion ainsi qu'une impossibilité d'accès à certains serveurs. Bien que la plupart des utilisateurs de ces réseaux n’aient pas ressenti cet incident, une préoccupation demeure. Il est en effet impossible de savoir si les données ayant transité vers la Chine ont été interceptées en cours de route. Cela pose donc une question de sécurité importante à laquelle les opérateurs devront apporter une réponse. À l’heure où l’entreprise chinoise Huawei se retrouve accusée d’espionnage pour son gouvernement, il est difficile de ne pas faire un nouveau rapprochement. Beaucoup envisagent d'ailleurs une nouvelle tentative de Pékin pour mettre la main sur les données des internautes occidentaux.

Erreur ou acte volontaire : des éléments qui laissent planer des doutes

Pour les spécialistes, ce genre d’erreur reste courant. Néanmoins, la plupart du temps, ce dysfonctionnement se règle en seulement quelques minutes. Le fait que le détournement des données se soit prolongé pendant plusieurs heures soulève de nombreuses questions. Certains n’hésitent ainsi pas à avancer qu’il peut s’agir d’un acte volontaire, renforçant les préoccupations autour de la sécurité de ces données.

China Telecom peut avoir détourner les données volontairement

Ce n'est pas la première fois que China Telecom se retrouve soupçonné d'espionnage.

Cet incident rappelle en outre l'affaire du trafic Internet détourné par China Telecom pendant près de deux ans. Entre 2015 et 2017, l’opérateur était en effet déjà pointé du doigt par les experts d’Oracle. À cette époque, la préoccupation majeure concernait le vol de données ainsi que le piratage informatique. Selon différents rapports, cette collecte de données avait finalement été orchestrée à des fins d’espionnage industriel. Bien que les États-Unis aient été la principale victime de ce détournement, d’autres pays avaient également été visés, tels que le Japon ou bien encore la Suède. Pour rendre cela possible, China Telecom s’était également appuyé sur les portes BGP afin de rediriger les flux de données des fournisseurs d’accès à Internet étrangers.

La Chine au cœur d’une nouvelle affaire d’espionnage et de vol de données ?

Avec le détournement du 6 juin 2019, certains soulèvent la possibilité que la Chine ait essayé de pirater les données des internautes français. Ce dysfonctionnement a en effet permis à China Telecom d’avoir accès à de nombreuses informations non-chiffrées. Pour étayer cette théorie, certains mentionnent également la loi chinoise relative au renseignement national. Cette dernière oblige en effet toutes les organisations du pays à collaborer aux missions de renseignement national. De plus, il ne faut pas oublier que l’opérateur China Telecom s'avère détenu, en grande majorité, par le gouvernement chinois. Ce point renforce ainsi les soupçons quant à une potentielle tentative d’espionnage.

La collecte de renseignement pour le gouvernement est obligatoire en Chine

En Chine, une loi oblige les entreprises à participer à la collecte de renseignements depuis 2017.

Dans le cas où China Telecom ne serait pas à l’initiative de ce détournement de données, un autre problème persiste. Cet incident prouve en effet que le fournisseur d’accès n’a toujours pas mis en place les protections de base visant à empêcher les fuites d’acheminement des données.

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