Free et Orange : vers une alliance des opérateurs sur le long terme ?

Publié le 16 mai 2018 à 13h34

Pierre-Yves C.

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Free, l’opérateur de Xavier Niel, a connu une triste déconvenue cette semaine. Avec l’annonce de ses résultats financiers, le groupe Iliad, maison mère de Free, a vu le cours de ses actions fortement baisser. La situation, est-elle à la crise pour le quatrième opérateur de France ? On pourrait le croire. Une perte de 20 000 abonnés sur le fixe n’est pas une chose agréable pour l’opérateur. En plus de cela, le recrutement de nouveaux clients est de plus en plus ralenti et difficile. Pour couronner le tout, Free est sous pression. L’Arcep attend des opérateurs de présenter certains chiffres, notamment en ce qui concerne le déploiement des antennes. Pour faire face aux problématiques, Free pourrait bien s’associer fortement avec Orange.

Mutualiser les antennes pour remplir les objectifs de l’Arcep

En janvier 2018, l’Arcep a mis à jour ses exigences vis-à-vis des opérateurs de téléphonie mobile en France. Parmi ces objectifs, les opérateurs doivent améliorer la qualité des services et généraliser l’accès à la 4G dès 2020. D’ici deux ans, les opérateurs sont ainsi tenus de mettre en place 5 000 nouveaux sites 4G, chacun. À hauteur de 210 antennes par mois, la chose est tout à fait possible pour Orange, SFR et Bouygues Télécom. Ils auraient ainsi chacun 20 000 sites environ. Pour Free, qui accuse en plus un retard par rapport à ses concurrents, c’est une autre paire de manches. Pour lui, il faut compter près de 10 000 sites pour un objectif de 20 000. Ce sont donc deux fois plus d’efforts, pour un opérateur qui a pris le train en marche.

Le graphique du nombre d'antennes 4G.

Dans ce graphique de l’Anfr, on voit bien que Free dispose de bien moins d’antennes que ses concurrents.

Pour surmonter ce problème, la solution évidente semble être la mutualisation. Il apparaît que le sujet soit bel et bien sur la table. Free a déjà tenté de s’allier à SFR et Bouygues Télécom, deux opérateurs déjà liés, mais sans réussite. Il se tourne donc naturellement aujourd’hui vers Orange. Les deux opérateurs disposent déjà d’un accord d’itinérance, bénéfique à tous les deux. Avec une mutualisation du réseau, l’accord serait prolongé. Toutefois, si l’accord actuel est fondamentalement gagnant-gagnant, Free ne veut pas tomber sous le contrôle de l’opérateur historique Orange. Cela serait suivre l’exemple de SFR et de Bouygues Télécom qui partagent plus de 90% de leur réseau. Free entend bien garder autant d’indépendance que possible. Les négociations devraient commencer dans quelques semaines. Malheureusement pour Free, Orange se tient pour le moment en position de force pour mener lesdites négociations. Gageons que l’opérateur de Xavier Niel restera intransigeant.

Serait-ce début du recul de Free ?

Arrivé en 2012 sur le marché de la téléphonie mobile, Free a chamboulé les habitudes des consommateurs. On lui doit la démocratisation des offres sans engagement de durée et à petit prix. Ces dernières représentent désormais près des trois-quarts des forfaits en circulation. En six ans, l’opérateur a conquis 19% des usagers de la téléphonie mobile, laissant aux trois géants le soin de se partager les 81% restants. Toutefois, les temps s’avèrent moins tendres aujourd’hui pour Free. Son cours en bourse s’est écroulé de 20%. Cette baisse forte accompagne des résultats trimestriels en demi-teinte. Free perd 20 000 abonnés sur le fixe en un trimestre, et vend de moins en moins d’abonnements sur le mobile. La stratégie du pas cher à tout prix s’essouffle-t-elle ? Car en France, on a, grâce à Free, le privilège d’avoir parmi les abonnements les moins chers au monde.

Xavier Niel

Comment réagira Xavier Niel face à ces derniers évènements ?

Free investit moins dans le déploiement du réseau que ses concurrents. Il dispose même d’un contrat avec Orange qui lui permet de faire quelques économies. Or, monter et entretenir un réseau mobile ou fixe de qualité, cela coûte cher. Si Free n’a pas les moyens d’investir par lui-même, ses abonnés risquent de profiter du réseau d’Orange plus que du sien. Les choses font également écho aux récentes déconvenues de SFR, qui a également fortement chuté en bourse. À croire que la piste des offres pas chères n’est pas la piste des services de qualité. La révolution Free touche-t-elle à sa fin ? Le modèle français des télécoms n’a pas fini de se transformer, et il y a là une intéressante affaire à suivre.

À voir aussi : les abonnements de téléphonie mobile pas chers du moment.

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Pierre-Yves Coulbeaux

Pierre-Yves Coulbeaux

Pierre-Yves, passionné d'informatique et de jeux vidéo, vous donne chaque jour les dernières informations des opérateurs, afin de ne rater aucune actualité.

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