L'essentiel à savoir sur les zones blanches en France

Au sein de l'hexagone, les réseaux mobiles sont déployés de manière inégale entre :

  • Les zones où les populations sont concentrées.
  • Les zones vastes moins peuplées ou les habitants sont éloignés.

Les zones blanches correspondent ainsi au territoire se caractérisant par :

  • Une faible densité de population dans des secteurs ruraux.
  • L'absence de déploiement d'antennes réseau ou d'internet fixe par les opérateurs.

Dans le milieu de la téléphonie, les zones blanches font beaucoup parler d’elles. Elles sont effectivement un enjeu pour les opérateurs qui doivent répondre aux objectifs fixés par le Gouvernement. Ce dernier encadre et veille au bon développement de la couverture mobile. Les zones blanches sont en outre un enjeu majeur pour les associations anti-ondes, qui luttent pour leur préservation. À travers cette page, MonPetitForfait propose de revenir en détail sur les zones blanches. Retour sur la définition de la zone blanche, les solutions qui existent pour y profiter du réseau mobile ou de l'Internet fixe, l'avancement de la couverture réseau en 2019 et enfin, le lien avec les personnes électrosensibles.

Réseau mobile : qu'est-ce qu'une zone blanche ?

La téléphonie mobile est un secteur qui regorge de termes spécifiques. Il faut dire que le jargon propre aux opérateurs et aux réseaux mobiles est relativement riche. Cette complexité du langage des télécoms peut d'ailleurs parfois être une barrière à la compréhension pour les consommateurs. Pour vulgariser cela, il convient donc de s'attarder sur certains éléments. La zone blanche est l'un de ces termes.

Définition de la zone blanche

En téléphonie, une zone blanche désigne une zone qui ne possède pas de réseau de téléphonie et d’Internet mobile. Il s’agit la plupart du temps de zones très peu peuplées avec une densité d’habitants extrêmement faible. Du fait de ce faible nombre d'habitants, les opérateurs sont relativement réticents à l'idée d'équiper ces parties du territoire. Ces dernières ne sont effectivement pas rentables, puisqu'elles impliquent le déploiement de moyens importants pour très peu de consommateurs.

Si l'on associe souvent zones blanches et absence de réseau mobile, elles ne se limitent pas à cela pour autant. La notion de zone blanche englobe également les localités au sein desquelles les offres d'accès à l'Internet fixe ne sont pas disponibles, ou de très mauvaise qualité. Ainsi, de nombreux logements se trouvent dans des zones où ni le réseau mobile ni le réseau fixe ne sont fonctionnels. C'est dans ces situations là que la notion de fracture numérique prend d'ailleurs le plus son sens.

Zone grise, zone d'ombre, espace blanc… des termes à ne pas confondre

Si l'appellation zone blanche est la plus répandue, les terminologies sont nombreuses pour parler de ces aires. Les spécialistes parlent ainsi également de blind spot pour « zone aveugle » ou encore de not spot pour « zone inexistante ». Attention toutefois car certaines terminologies peuvent sembler désigner les zones blanches mais renvoient en réalité à d’autres points.

Il faut ainsi distinguer la notion de zone blanche des termes :

  • “zone grise”, qui désigne les lieux où un à deux opérateurs mobiles proposent du réseau ;
  • “espace blanc”, qui désigne les fréquences (communication, télévision, radiophonie…) non utilisées entre chaque bande de fréquences ;
  • “zone d’ombre”, qui désigne les lieux où une connexion mobile est disponible, mais où les antennes couvrent un si large territoire, et sont situées à une distance si importante, que la qualité réelle du réseau mobile émis est de très mauvaise qualité.

Carte des zones couvertes et non couvertes par les opérateurs mobiles

Couverture réseau 3G/4G des opérateurs
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Les zones blanches mobiles : quelles sont les solutions mises en place par les opérateurs ?

Afin d'en finir avec le problème des zones blanches mobiles, les opérateurs de téléphonie ont mis en place certaines solutions. Il s'agit du F-Contact, et de la mutualisation des infrastructures. Contrairement à ce que certains présument, F-Contact n’est effectivement pas un opérateur mobile ! Pour éviter toute confusion, il est donc intéressant de revenir sur cet élément.

Il est aisé de comprendre qu'en installant une antenne dans une zone, chaque opérateur peut théoriquement espérer obtenir le nombre de personnes couvertes divisé par le nombre d’opérateurs ayant installé des antennes. Dans les zones les plus peuplées, l'investissement est donc relativement intéressant. Pour les zones de l'Hexagone où la population est très peu dense, l'intérêt des opérateurs est toutefois bien moins élevé. Ces dernières sont donc délaissées, puisque le nombre d’abonnés potentiel est extrêmement faible. Pour ne pas que les zones peu denses soient littéralement laissées à leur sort, des solutions ont été développées.

Deux alternatives ont ainsi été mises en place par les opérateurs :

  • la mutualisation des installations, qui permet à plusieurs opérateurs de se partager la même localisation et de mettre en commun les démarches administratives ;
  • le F-Contact, aussi appelé itinérance locale, qui permet à un seul opérateur d'installer une antenne pour que les autres opérateurs puissent également accéder au réseau.

Les utilisateurs en zone de F-Contact peuvent donc accéder aux services mobiles. Et ce, qu'ils aient un forfait auprès d’Orange, Bouygues Telecom ou SFR. Cela fonctionne également en cas d'abonnement auprès des MVNO associés à ces réseaux et pour les clients des opérateurs mobiles étrangers en roaming.

Comment recevoir l'Internet fixe lorsqu'on habite dans une zone blanche ?

Lorsqu'on habite dans une zone blanche pour l'Internet fixe, il existe tout de même des solutions qui permettent de bénéficier d'un accès au Web par un autre moyen que l'ADSL. Il est toutefois nécessaire d'étudier chacune d'elle pour déterminer laquelle est la plus pertinente par rapport à la situation de chaque usager.

Zones blanches : définition

Dans les zones blanches, il est impossible de passer un appel ou d'accéder à internet car il n'y a aucune couverture.

Parmi les solutions envisageables, il est ainsi possible d'opter pour :

  • les opérateurs proposant l'internet par satellite ou par onde ;
  • les clés ou box 4G ;
  • les déploiements initiés par les RIP et le Super Wi-Fi.

Les opérateurs par satellite pour accéder à l'Internet fixe en zone blanche

Certaines entreprises sont spécialisées dans l’accès à Internet en zones blanches ou zones d’ombre. C'est le cas des opérateurs internet par satellite, à l'image de Nordnet, leader du secteur. Si cette alternative peut s'avérer des plus pertinentes, elle implique toutefois de passer par l'installation d'une parabole. À noter également que, comme pour les autres types d'abonnements, il est tout à fait possible de procéder à un test d'éligibilité en amont. Cela permet notamment d'indiquer aux consommateurs si cette solution peut répondre à leurs besoins. À l'évidence, les performances de la connexion à Internet via satellite restent moins élevées que celles de la fibre optique. Il est toutefois possible d'atteindre les débits assurés par l'ADSL.

Outre les offres internet par satellite, il est également possible d'opter pour des abonnements empruntant les ondes hertziennes. Le principe est de se passer des infrastructures filaires pour profiter du potentiel des ondes radio. De la même manière que pour l'internet par satellite, il ne faut toutefois pas s'attendre à des débits extrêmement élevés. Dans les meilleurs conditions, il est ainsi possible d'atteindre les 20 Mbit/s.

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Les clés 4G, hotspots mobiles ou 4G box pour accéder à internet

Il s'agit d'un cas de figure relativement rare, mais la solution peut convenir à certains. Pour les consommateurs ne bénéficiant pas d'un réseau fixe ou ayant un abonnement dont les performances sont aléatoires, se tourner vers les réseau mobile peut être pertinent. Avant de se lancer vers cette solution, il convient toutefois de comparer les réseaux mobiles des opérateurs. Il faut effectivement savoir en amont que l'Arcep, notamment, permet d'accéder à des cartes simulant la couverture réseau des opérateurs. En analysant les différents réseaux, et en trouvant celui qui est le plus performant près de chez soi, il est donc possible d'opter pour une clé 4G, ou pour une box 4G.

Box internet 4G

Les 4G Box pour pouvoir accéder à internet dans une zone blanche.

Les box 4G et les clés 4G fonctionnement selon le même principe. Il s'agit effectivement de solutions qui permettent de profiter d'une connexion à Internet, grâce au réseau mobile. Selon les cas, il peut s'agir du réseau mobile 3G ou 4G.

Dans de bonnes conditions, les débits atteignables peuvent alors être largement supérieurs à ce que propose l'ADSL. On peut en outre utiliser les clés 4G de manière nomade, ce qui les rend plutôt pratiques à l'usage. Cette possibilité n'existe toutefois pas dans le cadre des offres 4G Box, que l'on doit obligatoirement lier à une adresse. Il est en outre bien moins contraignant d'obtenir une clé 4G qu'une box 4G. L'acquisition de cette dernière nécessite effectivement la réalisation d'un test d'éligibilité.

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Les réseaux d'initiative publique (RIP) et le Super Wi-Fi

Comme abordé plus tôt, le problème des zones blanches est donc en partie lié au fait que les opérateurs ne voient pas la rentabilité escomptée dans certaines localités. Pour les zones concernées, les réseaux d'initiative publique peuvent être la solution au problème. Dans ce cas de figure la rentabilité n'est pas le mot d'ordre puisque le financement provient de l'État et de subventions publiques. Pour les usagers en attente de déploiement du réseau près de leur domicile, il peut donc s'agir d'un élément à surveiller.

Fin 2013, l'Arcep a également autorisé la prolongation des tests portant sur une technologie employant des fréquences inutilisées en espace blanc pour propager l'Internet fixe. Il s'agit du Super Wi-Fi. Son principe de fonctionnement est simple : le Super Wi-Fi emploie des fréquences non utilisées dans les bandes de la radiodiffusion et de la télévision, afin de fournir un accès au haut débit en zone blanche.

Toujours en cours d'étude, cette technologie exige toutefois de s'adapter au cas par cas à la bande de fréquences libres. Et ce, en fonction de la zone concernée. Les récents tests ne précisent par ailleurs pas si des impacts sur la réception des communications sont à signaler. Si le Super-Wi-Fi venait à se démocratiser, nul doute que certains opérateurs mobiles pourraient s’y opposer, comme le fait justement remarquer Proxima mobile, site du Ministère chargé de l'Économie numérique :

Outre la couverture Internet mobile des zones peu denses, le Super Wi-Fi pourrait contribuer à soulager les réseaux mobiles actuels, qui sont de plus en plus sollicités par les terminaux mobiles. Ces technologies ont jusqu’ici reçu un accueil réservé de la part des opérateurs mobiles américains, qui ont souvent consenti à payer des prix élevés pour acquérir les licences des fréquences 4G.

Les engagements du gouvernement et des opérateurs pour lutter contre les zones blanches

Comme pour la connexion à Internet fixe, certaines communes ne possèdent donc pas de réseau de téléphonie mobile. Les investissements sont en effet trop importants face à la rentabilité que souhaitent les opérateurs. De ce fait, des pans de la population font face à une carence de technologie. En France, on emploie le terme de terme de fracture numérique pour désigner l'opposition entre les zones bien couvertes par le réseau mobile et l'Internet fixe, et les localités qui en sont dépourvues.

En mars 2015, le Gouvernement avait annoncé son ambition de mettre fin aux zones blanches pour la mi-2017. Si, en 2019, des zones blanches subsistent, la démarche, qui est en bonne voie, se veut en lien avec le Plan France Très Haut Débit. Ce dernier a pour but d'assurer l’accès au très haut débit pour toute la population d'ici 2022. En 2016, ce sont 238 communes qui devaient ainsi être couvertes par les opérateurs mobiles, selon un communiqué du Gouvernement.

Des publications similaires ont eu lieu en 2017 et en 2018. En mars 2019, un arrêté, paru au journal officiel, définit à nouveau une première liste des zones à couvrir par les opérateurs de téléphonie au nom du dispositif de couverture ciblée pour l'année 2019. Des efforts continuent donc à être fournis par les différents acteurs du secteur, avec en tête la couverture de l'intégralité de la population française en réseau mobile à très haut débit.

Au-delà des zones blanches, sont également visées de nombreuses communes qui ne possèdent à l’heure actuelle que le seul réseau 2G permettant les appels téléphoniques, et non la navigation internet sans fil. Une bataille supplémentaire qui devrait encore durer plusieurs années, et pour laquelle le gouvernement n'a en outre fixé aucune date limite.

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Les électrosensibles et les zones blanches

L’obligation imposée par les autorités concernant la disparition des zones blanches contraste avec ce que souhaite une population qui fait de plus en plus parler d’elle. Il s'agit des personnes électrosensibles. Ces dernières déclarent souffrir d’une sensibilité causée par les ondes électromagnétiques. Cette part de la population reste toutefois très minoritaire. Il est par ailleurs extrêmement difficile d’entrer en contact avec eux. Ces personnes vivent en effet sans le moindre objet électronique et donc souvent sans moyens modernes de communication. Les plus affectés par les ondes peuvent de ce fait se retrouver obligés à quitter leur travail et changer totalement leur mode de vie par nécessité.

L’OMS, Organisation mondiale de la santé, reconnaît les symptômes des électrosensibles, mais pas le lien avec l'exposition aux ondes électromagnétiques. De nombreuses études scientifiques sur le sujet montrent par ailleurs une large disparité des cas d'électrosensibilité dans la population française, allant jusqu’à 2%. Alors que certains cherchent à tout prix à faire disparaître les zones blanches de France, d’autres souhaitent donc au contraire déménager dans ces zones, logiquement vierge de tout champ électromagnétique. Enjeux économiques ou santé, il faut choisir.

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