Téléphonie Mobile

Ce samedi 2 décembre, le SMS fêtait ses 25 ans. Un quart de siècle après leur naissance, ces messages textes figurent toujours comme le moyen de communication le plus répandu dans le monde, loin devant la voix. Cependant, il pourrait très bientôt être supplanté par un nouveau type de messages…

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1992, Neil Papworth a transformé le monde de la communication sans le savoir. Depuis le clavier de son ordinateur, l’ingénieur britannique de Sema Group envoyait ce qui s’apparente au tout premier SMS de l’Histoire. Il adressait alors à son supérieur, un client de l’opérateur Vodafone un message de dix-sept caractères : « Merry Christmas !». À l’époque, les claviers des téléphones ne comportaient pas encore de clavier alphabétique. D’où le fait que le premier SMS ait été composé depuis un ordinateur.

Une messagerie dédiée à la communication interne des entreprises

L’idée de Neil Papworth n’était pas de créer un système de communication universel. Du moins, pas dans un premier temps. En réalité, il pensait juste avoir élaboré un nouveau système de communication interne des entreprises. Uniquement basé sur des messages courts, il est alors baptisé Short Messaging System. Ce système avait ainsi pour but premier de de permettre aux dirigeants de Vodafone d’échanger des messages avec leurs employés. C’est seulement 7 ans après l’envoi du premier SMS, en 1999, que celui-ci devient véritablement un moyen de communication ouvert. Le premier téléphone mobile à pouvoir envoyer des SMS est le Nokia 2010, qui sort alors en 1994.

Les SMS ont vraiment pu être envoyés à partir de 1994 grâce à Nokia

Le Nokia 2010 est le premier téléphone commercialisé capable d’envoyer des SMS.

Les années 2000 et la généralisation des SMS

En 1997, les SMS destinés au grand public ne sont d’abord proposés que par un seul opérateur. En France, ils sont proposés chez Itinéris. Ils ne peuvent alors être utilisés qu’entre les abonnés de ce même opérateur.  Sans interopérabilité, les SMS ne rencontrent pas un très grand succès. Il faut ainsi attendre 1999 pour que les clients affiliés à différents opérateurs puisent enfin s’envoyer des SMS entre eux. C’est seulement dans les années 2000, lorsque qu’il se généralise auprès de tous les opérateurs, qu’il devient un moyen de communication populaire. Avec sa taille maximale de 160 caractères, il est d’abord facturé à l’unité.

Peu à peu, les opérateurs de téléphonie mobile s’adaptent. Ils proposent dans leurs offres un nombre croissant de SMS inclus, ainsi que d’autres offres spécifiques. Souvenez-vous : nombre d’opérateurs proposaient alors les SMS illimités les soirs et les week-ends. D’autres proposaient même des forfaits spécialement réservés aux adolescents, avec des SMS illimités à partir de 17h en semaine, les week-ends, et les mercredi après-midi. Puis sont arrivés les premiers forfaits avec les SMS illimités. Aujourd’hui, ils constituent la norme et représentent la plus grande partie des forfaits mobiles proposés par les opérateurs. Ce qui leur donne une toute nouvelle dimension. L’an dernier, ce sont ainsi près de 9000 milliards de SMS qui ont été échangés dans le monde, dont 200 milliards en France.

L’écriture SMS : un nouveau rapport au langage

Les SMS ne se sont pas contentés de supplanter la voix dans nos usages de la téléphonie mobile. Ils ont aussi complètement modifié notre rapport à la communication mobile et au langage. Si le terme a un peu disparu de nos jours, on parle dans les années 2000 de l’écriture SMS comme d’un nouveau dialecte. Pour économiser au maximum les caractères, les plus jeunes se mettent alors à inventer de nouvelles abréviations, entre abréviations classiques (« stp »), pure phonétique (« magaz1 ») et fautes d’orthographes (« slt sava ? »). Ce nouveau langage fait tellement parler de lui qu’on lui dédie même son propre dictionnaire en ligne.

Avec toutes ses abréviations étranges, on s’est alors inquiété de l’impact du langage SMS sur le niveau d’orthographe des plus jeunes. On a tous entendu au cours de notre vie de telles critiques à l’égard du langage SMS. Certains chercheurs en linguistique se sont même penchés sur la question. Le CNRS, par exemple, a mené en 2014 une étude sur plus de 4524 SMS écrits par une vingtaine d’adolescents. Les chercheurs du centre de Recherche sur la Cognition et l’Apprentissage ont alors conclut que les SMS ne sont pas une menace pour le niveau d’orthographe des jeunes français. Ils ne sont qu’un reflet de leur niveau d’orthographe général. Un jeune qui écrit « slt sava » dans un SMS le fait probablement parce qu’il écrit déjà « sa va » dans ses copies d’école.

Le RCS : l’avenir du SMS ?

Aussi difficile que cela soit à imaginer, le SMS pourrait bien disparaître. Depuis l’introduction du MMS en 2002, qui a permis au SMS de venir un peu plus multimédia, rien n’a vraiment changé. En parallèle, l’apparition du smartphone et des applis ont fait se multiplier les services de messagerie. En même temps qu’a disparu MSN se sont développés Facebook Messenger, WhatsApp, ou encore iMessage. Ils comptent chacun plus de 100 millions d’utilisateurs ! Le volume des messages échangés sur ces différents services de messagerie serait ainsi 2 fois supérieur à celui des SMS.

Cependant, en faisant passer les messages par le réseau internet, l’utilisation de ces messages ne rapporte rien aux opérateurs. Ces derniers soutiennent la création d’un protocole RCS, dit Rich Communication Service. Il permet d’envoyer des textes, des documents ou des images par message, sans limite de caractère ou de taille. Ainsi que les discussions de groupe telles que fournies par les autres services de messagerie.

Les SMS pourraient bientôt être remplacés par le protocole RCS.

Le protocole RCS permet de créer des conversations de groupe et d'envoyer des fichiers multimédias lourds.

Soutenu par Google, le RCS entend rivaliser avec Facebook Messenger et les iMessages d’Apple. Il est cependant loin d’être démocratisé. Pour cela, il faudrait que le réseau 4G couvre véritablement l’ensemble des territoires avec une grande qualité de réseau. Mais aussi, que tout le monde ait des matériaux compatibles. Le protocole RCS est aujourd’hui utilisé par une dizaine de constructeurs (Huawei, Sony, Samsung, HTC…) et une cinquantaine d’opérateurs à travers le monde.

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Forfait B&YOU

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