Téléphonie Mobile

Dans une interview accordée au journal LeMonde, Sébastien Soriano, président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), s'est dit favorable à une consolidation des télécoms. L'augmentation des investissements effectués au cours de l'année 2017 par les opérateurs a convaincu le Gendarme des télécoms qu'il était possible de retourner à une configuration à trois opérateurs. Cette consolidation pourrait apporter des changements significatifs dans le paysage français des télécoms. Quel opérateur pourrait être amené à disparaître, et quelles conséquences pour les Français ?

Pourquoi une consolidation du marché des télécoms pourrait être bénéfique ?

La France enregistre un retard conséquent dans le développement de la 4G et de la fibre optique, par rapport à ses voisins européens, mais également à l'échelle mondiale. Et s'il fallait en blâmer Free, l'opérateur sans engagement et low-cost de Xavier Niel ?

Le marché français des télécoms bouleversé par l'arrivée de Free Mobile

Avant l'arrivée de Free sur le marché des télécoms, les Français avaient le choix entre trois opérateurs, SFR, Bouygues Telecom et Orange, qui proposaient des offres à peu près similaires, en termes de prix. Il fallait alors choisir le réseau mobile jugé le plus efficace. L'introduction de Free Mobile a bouleversé la situation et a imposé un modèle de forte concurrence. En 2012, Free fait son entrée sur le marché de la téléphonie mobile avec deux forfaits sans engagement de durée :

  • un forfait tout illimité à 19,99€/mois et à 15,99€/mois pour les abonnés Freebox ;
  • un forfait 2 heures d’appels et SMS illimités pour 2€/mois et gratuit pour les abonnés Freebox.
Xavier Niel présente les forfaits qui font concurrence aux autres opérateurs

Le 10 janvier 2012, Xavier Niel présente les nouvelles offres de Free Mobile.

Free arrive donc avec des prix ultra-compétitifs, de la 4G illimitée et des offres convergentes. C'est ainsi qu'on appelle les offres incluant tous les services fixes et mobiles, la box internet avec donc l'internet, la télévision, la téléphonie fixe et mobile. C'est un franc succès pour Xavier Niel qui parvient à conquérir 5,2 millions de clients mobiles en seulement un an, soit 8% de part de marché. Devant un tel engouement, SFR, Bouygues Telecom et Orange n'ont eu d'autre choix que de s'aligner sur les prix de leur nouveau concurrent. Cela a eu une conséquence notable puisqu'en 2012, l'Arcep a indiqué que les prix des services mobiles ont diminué de 11,4% cette année-là.

À voir aussi : les opérateurs présente continuellement des forfaits mobiles en promotion.

Une baisse des prix qui entraîne une baisse des investissements

La guerre des prix que se livrent les opérateurs français est unique. Ils sont même jusqu’à deux fois plus bas qu’aux États-Unis ou qu'en Allemagne. Concrètement, la baisse des prix des services mobiles est une bonne nouvelle pour les Français. C'est l'opportunité, chaque mois, de réaliser des économies non-négligeables. Les choses ne sont toutefois pas aussi simples. Cela engendre également une baisse de revenus pour les opérateurs, qui doivent alors ralentir leurs investissements. Or, ces investissements sont nécessaires pour continuer à développer leurs infrastructures réseaux. Aujourd'hui, la France est en retard sur le développement de ses infrastructures et de nouvelles technologies.

À voir aussi : quel est l'état de couverture des réseaux 3G et 4G des opérateurs français ?

Les opérateurs ont fait leur preuve, l'Arcep favorable à une consolidation du marché

La disparition d'un opérateur majeur pourrait entrainer plus de revenus pour les trois autres, et donc un budget plus important dédié aux investissements. Jusqu'à présent, l'Arcep s'était refusé à envisager une telle possibilité. Mardi 22 mai, Sébastien Soriano a pourtant déclaré au Monde.fr qu'il était à présent favorable à une consolidation du marché des télécoms. La cause à ce revirement ? À l'occasion de son observatoire annuel, l'Arcep a annoncé des investissements records pour l'année 2017. Au total, les opérateurs ont investi 9,6 milliards d’euros pour développer la couverture des réseaux fixes et mobiles. Dans son entretien au Monde, Sébastien Soriano s'en félicite :

Cela représente une progression de 37 % en trois ans et un quart de leur chiffre d’affaires. C’est significatif. Je vois qu’ils ont entendu mon appel à casser leur tirelire. La couverture en Internet fixe et mobile était l’un des points noirs de notre pays. Nous avons maintenant une industrie au rendez-vous.

Les investissements des opérateurs selon l'Arcep

L'Arcep a annoncé des investissements records pour l'année 2017.

Sébastien Soriano ajoute par ailleurs la chose suivante :

Sur la consolidation, l’Arcep a refermé cette porte en avril 2016, car les discussions détournaient les opérateurs de leurs missions d’investissement. Pendant deux ans, je leur ai donc envoyé des signaux négatifs […] Là, je vois qu’ils se sont mobilisés. Les circonstances ont évolué et la porte de l’Arcep se rouvre. […] Encore faudrait-il qu’ils aient un projet créateur de valeur pour le pays, et pas simplement pour les actionnaires.

Quel opérateur pourrait être amené à disparaître du paysage français des télécoms ?

À l'heure actuelle, SFR, Bouygues Telecom, Orange et Free se partagent l'essentiel des parts de marché dans les services télécoms. Que se passerait-il si l'un d'entre eux était amené à disparaître, au terme d'une fusion ? Plusieurs rumeurs ont circulé ces dernières années, comme le rachat de Bouygues Telecom par Orange en 2016 ou encore celui de SFR par Bouygues Telecom en 2018. Et si c'était donc SFR qui était amené à disparaître, ou encore Free ?

La disparition de Free est peu probable. Malgré un bilan financier mitigé en ce premier trimestre 2018, l'opérateur et FAI de Xavier Niel ne fait l'objet d'aucune rumeur sur son potentiel rachat par un de ses rivaux. SFR en revanche, pourrait bien être cédé à Bouygues Telecom. Dans ce cas, l'opérateur de Martin Bouygues pourrait devenir numéro 1. Il revendique actuellement plus de 14 millions d'abonnés, auxquels s'ajouteraient les 20 millions d'abonnés de SFR. Avec ses 30 millions d'abonnés, Orange ne serait plus le leader des télécoms.

Les opérateurs télécoms français se livrent une guerre sans merci

Bouygues Telecom va-t-il racheter SFR ?

Il sera alors possible d'imaginer une augmentation des prix des offres actuelles dans le segment des abonnements avec engagement. D'un autre côté, cela pourrait être bénéfique. Les opérateurs cesseraient de mener une concurrence agressive sur les prix, et entameraient une concurrence sur les services.

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Forfait SFR

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