Les zones blanches : les détails des zones non couvertes

Dernière mise à jour : 27 octobre 2017
Sommaire

La zone blanche fait beaucoup parler d’elle, particulièrement dans l’actualité, que ce soit par les opérateurs mobile, les associations anti-ondes ou encore les objectifs fixés par le Gouvernement en terme de couverture mobile exigée. Tour d’horizon sur les appellations données aux zones blanches, la couverture de l’Hexagone et l’avenir concernant les territoires encore non couverts.

Définition de la zone blanche

Dans le domaine de la téléphonie, une zone blanche désigne une zone qui ne possède pas de réseau de téléphonie mobile ni d’internet mobile. Il s’agit la plupart du temps de zones très peu peuplées avec un nombre d’habitant extrêmement peu dense, n’incitant pas les opérateurs mobiles à équiper ces zones, qui ne seraient pour eux pas rentables.

Zones blanches

Les zones blanches en France

Les terminologies dont nombreuses pour parler de zones blanches : blind spot pour « zone aveugle », not spot pour « zone inexistante » ou encore white spot pour « zone blanche ».

Attention, certaines autres terminologies pouvant s’apparenter aux zones blanches désignent en réalité d’autres points :

  • Zone grise : la zone grise désigne les lieux où un à deux opérateurs mobiles proposent du réseau. Il ne s’agit donc pas à proprement parler de zone blanche, mais pour autant le réseau est loin d’être satisfaisant et disponible pour tout le monde, certains opérateurs étant absents. Le F-Contact est souvent proposé dans ce type de zone.
  • Espace blanc : il s’agit de fréquences (communication, télévision, radiophonie…) non utilisées entre chaque bande de fréquences. Il ne s’agit donc pas d’un synonyme de « zone blanche ».
  • Zone d’ombre : Dans de nombreux lieux, une connexion mobile est disponible, mais les antennes couvrent un si large territoire et son situées à une distance tellement importante que la qualité réelle du réseau mobile disponible est de très mauvaise qualité. On évoque dans ce cas précis l’existence de zones d’ombre.

Qu’est-ce qu’une zone F-Contact ?

Contrairement à ce que certains présument, F-Contact n’est pas un opérateur mobile !

operateur-f-contactVous l’aurez compris, certaines larges zones à la population très peu dense sont délaissés par les opérateurs. En installant une antenne sur chaque zone, chaque opérateur historique peut ainsi théoriquement espérer obtenir le nombre de personnes couvertes divisé par le nombre d’opérateurs ayant installé des antennes. Ces zones étant peu denses, le nombre d’abonnés ayant souscrit à un forfait mobile au vu de la concurrence présente n’aide pas à convaincre les opérateurs mobiles à installer des antennes. Deux solutions ont ainsi été mises en place par les opérateurs :

  • La mutualisation des installations : plutôt que de devoir investir dans l’installation d’antennes mais également la construction de pylônes, plusieurs opérateurs peuvent se partager la même localisation, et mettre en commun les démarches administratives.

 

  • Le F-Contact : aussi appelé itinérance locale, il suffit qu’un seul et unique opérateur mobile installe la téléphonie mobile pour que les autres puissent accéder à son réseau. Les utilisateurs dans les zones de F-Contact peuvent donc accéder aux services mobiles s’ils ont un forfait auprès d’Orange, Bouygues Telecom ou SFR, ainsi que des MVNO associés à ces réseaux et des clients des opérateurs mobiles étrangers en roaming. Free Mobile ne fait à l’heure actuelle pas parti de cet accord, ce dernier ne possédant pas encore assez de couverture pour son propre réseau.

Des solutions alternatives actuelles et futures pour les zones sans couverture

De nos jours, plusieurs solutions permettant un accès internet aux zones ne bénéficiant pas du réseau en internet fixe ou en réseau mobile existent, dont certaines en cours d’expérimentation.

Certaines entreprises sont ainsi spécialisées dans l’accès internet et mobile sur d’immenses zones ne possédant pas ou peu de connexion : il s’agit de zones blanches ou de zones d’ombre (éloignement trop important avec le répartiteur ou les antennes de téléphonie). On retrouve deux types d’entreprises : les premiers proposent un accès via satellite. Il s’agit d’opérateurs alternatifs tels que Nordnet, leader du secteur. Le second type propose son propre réseau via l’installation d’antennes dans des zones souffrant de l’absence des opérateurs mobiles historiques : elles proposent ainsi un accès internet et mobile aux entreprises comme aux particuliers. La société Infosat Telecom délivre par exemple via ses technologies plus d’un millier de communes en France métropolitaine.

Fin 2013, l’Arcep a également autorisé la prolongation des test d’une technologie dans des fréquences inutilisées en espace blanc (voir définition plus haut). Via les fréquences non utilisées dans les bandes de la radiodiffusion et de télévision, le déploiement du Super-Wi-Fi pourrait permettre l’accès au haut débit dans des zones blanches. Toujours en cours, cette technologie exige cependant l’obligation de s’adapter sur chaque zone, la bande de fréquence changeant au cas par cas. Les récents tests ne précisaient pas si des impacts sur la réception des communications étaient à signaler. Si le Super-Wi-Fi venait à être démocratisées, nul doute que certains opérateurs mobiles pourraient s’y opposer, comme le fait justement remarquer Proxima mobile, site du Ministère chargé de l’Économie numérique :

Outre la couverture Internet mobile des zones peu denses, le Super Wi-Fi pourrait contribuer à soulager les réseaux mobiles actuels, qui sont de plus en plus sollicités par les terminaux mobiles. Ces technologies ont jusqu’ici reçu un accueil réservé de la part des opérateurs mobiles américains, qui ont souvent consenti à payer des prix élevés pour acquérir les licences des fréquences 4G.

La couverture réseau en 2016 en France

carte-zones-blanchesComme pour la connexion internet fixe, certaines communes ne possèdent donc pas de réseau de téléphonie mobile, les investissements étant trop importants face à la rentabilité voulue par les opérateurs. De ce fait, des pans de la population font face à une carence de technologie : on parle en France de fracture numérique pour désigner ces zones rurales n’ayant pas accès à ces technologies informatiques.

En mars 2015, le Gouvernement a annoncé son ambition de mettre fin aux zones blanches pour la mi-2017. Une démarche qui se veut en lien avec l’accès très haut débit voulu pour toute la population pour 2022 (Plan France Très Haut Débit). En 2016, ce sont 238 communes qui devraient être couvertes par les opérateurs mobiles, selon le communiqué du Gouvernement. En cas de non respect du décret, les opérateurs n’ayant pas équipés ces zones sans téléphonie mobile risquent une amende jusqu’à 3% de leur chiffre d’affaires. Au-delà des zones blanches, sont également visés les 2200 communes qui ne possèdent à l’heure actuelle que le seul réseau 2G permettant les appels téléphoniques, et non la navigation internet sans fil : une bataille supplémentaire qui devrait encore s’éterniser quelques années et pour laquelle aucune date limite n’a encore été fixée.

Lire à ce sujet notre page sur la couverture mobile des opérateurs.

En 2016, Emmanuel Macron et Estelle Lemaire ont annoncé un appel à projet pour la mise en place de l’accès téléphone et internet mobile de 800 sites d’intérêt économique et touristique en France. Ces 800 lieux sont ainsi pour le moment dépourvu de réseau, mais pour autant stratégique et nécessitant un accès pour les nombreux visiteurs.

Les électrosensibles et les zones blanches

L’obligation imposée par les Autorités de la disparition des zones blanches contraste avec une population qui fait de plus en plus parler d’elle : les électrosensibles. Une part de la population grandissante déclare ainsi souffrir d’une sensibilité causée par les ondes électromagnétiques. Cette part de population reste toutefois très minoritaire, et qui plus est peu médiatisée, étant extrêmement difficile d’entrer en contact avec eux, ces personnes vivant sans le moindre objet électronique et donc souvent sans moyens modernes de communication. Les plus affectés par les ondes peuvent de ce fait se retrouver obligés à quitter leur travail et changer totalement leur mode de vie par nécessité.

Les symptômes des électrosensibles sont officiellement reconnus par l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé. De nombreuses études scientifiques sur le sujet montrent une large disparité des électrosensibles dans la population mondiale, allant jusqu’à 8%.

Alors que certains cherchent à tout prix à faire disparaître les zones blanches de France, d’autres souhaitent justement déménager dans ces zones, logiquement vierge de tout champ électromagnétique. Enjeux économiques ou santé, il faut choisir.

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